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E-Press du 22 février 2023

Dans ce numéro de E Press :

1- Discours de Poutine devant la nation

Le problème avec le mensonge c'est qu'à un moment donné, il est impossible de le nourrir, c'est le cas de l'affaire ukrainienne.

Un peu moins d'un an avant le lancement de l’« opération militaire spéciale » russe en Ukraine, Vladimir Poutine s'est exprimé devant l'Assemblée fédérale pour son discours annuel.

Le président russe a tenu ce 21 février son discours annuel devant l'Assemblée fédérale. Outre les questions économiques et sociales, il a notamment évoqué les raisons de l’« opération militaire spéciale » en Ukraine et les perspectives internationales.

Poutine dénonce le « bluff » occidental sur le processus de paix

Au sujet de l'intervention en Ukraine, Vladimir Poutine a insisté sur la responsabilité des dirigeants occidentaux dans le conflit, soulignant : « Les Etats-Unis et l’OTAN ont accéléré le déploiement de leurs bases militaires et laboratoires biologiques secrets près des frontières de notre pays. »

Il s'est dit prêt à de nouvelles discussions avec les pays occidentaux au sujet de l'architecture de sécurité en Europe. Il a rappelé que la Russie avait proposé cette négociation durant plusieurs années et avait même envoyé officiellement aux Etats-Unis et à l'OTAN un projet d'accord en décembre 2021, mais s'était heurtée à une fin de non-recevoir de la part de l'Occident.

Rappelant que les populations du Donbass avaient fait l'objet de bombardements ukrainiens depuis 2014 en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, Vladimir Poutine a souligné : « C’est [Kiev et ses alliés] qui ont déclenché la guerre. Alors que nous avons utilisé et utilisons la force pour l’arrêter. » « Nous ne menons pas une guerre contre le peuple ukrainien, je l’ai déjà dit maintes fois.

Le peuple ukrainien lui-même est devenu otage du régime de Kiev et de ses propriétaires occidentaux qui ont de facto occupé ce pays dans le sens politique, militaire et économique », a souligné le chef de l'Etat russe.

« Personne n’a pensé aux gens, ils les avaient préparés pour le massacre. Et finalement ils ont fait d’eux du matériel consommable. C’est triste, c’est effrayant d’en parler, mais c’est un fait. La responsabilité pour ce qui est d'inciter le conflit ukrainien, pour son escalade et l’augmentation du nombre des victimes revient amplement aux élites occidentales et au régime de Kiev actuel, pour lequel le peuple ukrainien est au fond étranger », a encore poursuivi Vladimir Poutine.

La Russie suspend sa participation au traité New Start, mais ne s'en est pas retirée

Vladimir Poutine a en outre, au cours de son discours, fait savoir que Moscou avait suspendu sa participation au traité New Start sur le désarmement nucléaire, sans pour autant se retirer de l'accord.

« Je suis contraint d'annoncer aujourd'hui que la Russie suspend sa participation au traité de réduction des armes stratégiques. Je répète qu'elle la Russie ne se retire pas du traité, non, mais qu'elle suspend sa participation. Avant de reprendre le dialogue sur cette question, nous devons comprendre nous-mêmes ce que les pays de l'OTAN comme la France et le Royaume-Uni revendiquent et comment nous allons prendre en compte leurs arsenaux stratégiques », a-t-il expliqué.

Evoquant une demande adressée début février par l'OTAN qui souhaitait pouvoir inspecter les infrastructures nucléaires russes dans le cadre de ce traité, Vladimir Poutine a dénoncé un « théâtre de l’absurde ».

« Nous savons que l'Occident est directement impliqué dans les tentatives de frapper nos bases aériennes, et maintenant, ils veulent inspecter nos installations de défense ? », a-t-il raillé, notant que les arsenaux nucléaires de la Grande-Bretagne et la France étaient également « dirigés contre la Russie ».

En août 2022, la diplomatie russe avait déjà fait savoir qu'elle suspendait les inspections prévues par l'OTAN en raison du conflit opposant les deux parties.

Enfin, au sujet des sanctions qui frappent la Russie, en particulier depuis le lancement de son « opération militaire spéciale » en Ukraine, Vladimir Poutine a souligné que l'Occident n'y avait « rien gagné ».

« Les initiateurs des sanctions se punissent eux-mêmes en provoquant une hausse des prix, des pertes d'emplois, des fermetures d'entreprises et une crise énergétique dans leurs propres pays. Ils disent à leurs concitoyens, on le sait, que c'est la faute des Russes », a développé le président russe.

Au sujet du « vol » par l'Occident des réserves de change russes, Vladimir Poutine a résumé : « Je le répète, les sanctions antirusses ne sont qu'un moyen pour atteindre leur objectif, et cet objectif, comme le déclarent les dirigeants occidentaux eux-mêmes, je cite, est de "faire souffrir" les Russes. En voilà des humanistes ! Ils veulent faire souffrir notre peuple, déstabiliser ainsi la société de l'intérieur. Mais leur calcul s'est avéré faux. »

Source : RT

2- L'Europe face à un dilemme existentiel : être ou ne pas être

Un échange animé lundi sur les antennes de Sud Radio entre André Bercoff et Caroline Galactéros, géopolitologue et docteur en sciences politiques, a donné lieu à de nombreux commentaires. Il porte surtout sur la guerre en Ukraine.

L'ancienne directrice de séminaire à l’École de guerre (Paris) qui dirige le think tank GEOPRAGMA - Pôle français de géopolitique réaliste (Paris) dit dans ce face à face que "l’Ouest n’a pas les moyens de continuer à entretenir la guerre" et que l'Europe doit accepter le monde multipolaire."

Source : Sud Radio

 

3- Ukraine : Washington menace Pékin aussi

Samedi 18 février, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a rencontré Wang Yi, ancien ministre des Affaires étrangères et actuel directeur du bureau central des Affaires étrangères du Parti communiste chinois.

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision NBC, il a fait savoir qu’au cours de cette rencontre en marge de la conférence de Munich sur la sécurité il avait abordé la possibilité de l’aide létale chinoise à la Russie, qui préoccupe les États-Unis. Selon lui, une telle aide pourrait avoir des retombées sérieuses pour Pékin.

« Nous sommes très préoccupés par le fait que la Chine envisage de fournir un soutien létal à la Russie contre l’Ukraine », a déclaré Blinken dans une interview à NBC.

Conséquences du soutien matériel

Les menaces de faire payer Pékin pour son assistance à Moscou ont été évoquées sur le site du département d’État :

« Le secrétaire a mis en garde contre les implications et les conséquences possibles si la Chine fournissait un soutien matériel à la Russie ou une assistance pour le contournement des sanctions systémiques ».

Pas d’excuses pour le ballon

À l’issue de cette première rencontre entre les diplomates après l’interception du ballon chinois au-dessus de l’océan Atlantique, Blinken a déploré que le responsable n’ait présenté aucune excuse.

« C’était l’occasion de parler très clairement et très directement du fait que la Chine a envoyé un ballon de surveillance sur notre territoire, violant notre souveraineté, violant le droit international. Et je lui ai dit tout simplement [à Wang Yi, ndlr] que c’était inacceptable et que cela ne pourrait plus jamais arriver », a-t-il déclaré à NBC.

Avertissements de Washington et efforts de paix chinois

Washington avait déjà mis en garde Pékin contre l’aide à Moscou dans le contournement des sanctions et dans le domaine militaire. Antony Blinken a cependant déclaré dans son intervention à la conférence de Munich samedi que pour l’heure les États-Unis n’avaient pas constaté des indices d’une telle coopération.

Pékin, pour sa part, fait état de son attachement à un règlement pacifique du conflit en Ukraine.

Le porte-parole de la diplomatie chinoise Wang Wenbin avait déclaré fin janvier que son pays poursuivait ses efforts en ce sens.

Selon lui, Pékin œuvre activement pour promouvoir des négociations de paix et continuera à « jouer un rôle constructif dans un règlement pacifique de la crise ».

Source : Sputnik Afrique

 

4- Face à face de l'Occident avec le monde multipolaire

Par Mikhail Gamandiy-Egorov

Visite du président iranien à Pékin, exercices navals conjoints entre l’Afrique du Sud, la Russie et la Chine, représentent indéniablement ce que l’establishment occidental tentait à tout prix d’éviter – à savoir le renforcement de l’alliance pro-multipolaire. Le fait est que le processus en question est non seulement bel et bien enclenché, mais que les ennemis de l’ère multipolaire continueront à observer de manière impuissante la marche en avant de l’écrasante majorité planétaire.

Deux événements récents suscitent de nouveau la colère et la stupéfaction du côté atlantiste occidental. Comme le note le journaliste brésilien Pepe Escobar – la visite du chef de l’État iranien Ebrahim Raïssi en Chine dépasse le cadre fortement stratégique de la signature de 20 accords de coopération bilatéraux. Le tout suite à l’accord stratégique historique signé entre les deux pays en été 2020, pour une période de 25 ans, que nous avions déjà précédemment analysé.

En effet et pour lui – il s’agit également d’un point d’inflexion crucial dans un processus historique intéressant et complexe, et qui se construit depuis des décennies : l’intégration de l’Eurasie. En rappelant d’ailleurs à ce titre que le président de l’Iran, accueilli notamment durant sa visite en terre chinoise à l’Université de Pékin où il a par la même occasion reçu le titre de professeur émérite, y a prononcé des paroles fortes et pleines de bon sens : « un nouvel ordre mondial se forme et prend la place de l’ancien, un monde caractérisé par un réel multilatéralisme, une synergie maximale, la solidarité et la dissociation des unilatéralismes ».

Et que l’épicentre de cet ordre se trouve effectivement en Asie. Au moment où comme Observateur Continental l’a maintes fois rappelé – l’Eurasie représente le fer de lance du renforcement du concept multipolaire mondial actuel, et la véritable notion de communauté internationale.

L’autre événement récent important concerne le lancement des exercices militaires navals conjoints entre l’Afrique du Sud, la Russie et la Chine, qui se tiendront durant 10 jours dans l’océan Indien. Des exercices pour rappel maintenus par le pays hôte – l’Afrique du Sud – malgré les innombrables condamnations occidentales. Ce à quoi la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Naledi Pandor, avait précédemment répondu sans équivoque : « chaque nation a le droit d’organiser les actions qu’elle juge nécessaires avec les pays amis ».

Le tout au moment où la République d’Afrique du Sud préside l’alliance des BRICS et où les pays membres discutent activement des prochaines étapes au sein de l’organisation en vue d’acquérir l’indépendance vis-à-vis des instruments financiers occidentaux.

Tout cela conforte l’idée que les processus que l’axe occidental cherchait à tout prix à faire au moins ralentir – ne font au contraire que s’accélérer. L’arnaque internationale, communément appelée Occident, n’impressionne visiblement plus. Et surtout ne fait que motiver encore plus les nations libres du monde contemporain à effectivement accélérer les démarches de divorce avec l’axe occidental.

Un divorce d’ailleurs qui se consomme déjà à divers endroits de la planète : en Afrique, Moyen-Orient ou encore en Amérique latine. Le parasitage des ressources mondiales via une extrême minorité planétaire – extrêmement arrogante, raciste et qui ne pourra se défaire de sa mentalité néocoloniale – n’aura plus lieu. C’est un fait qu’il faut aujourd’hui admettre, y compris en tenant compte du rideau de fer qui s’installera entre l’Occident d’une part et le reste du monde de l’autre. L’espace occidental ayant définitivement raté sa chance d’intégrer les règles issues de l’ordre multipolaire international. Un ordre et un monde ayant déjà émergé et qui ne vont guère accepter les désirs d’une caste dépassée par les événements contemporains.

Source : reseauinternational.net

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SOURCE: FRENCH PRESS TV